Chaque printemps, des scènes fragiles se jouent dans les plaines d’Indre-et-Loire. Cette année encore, sans une intervention ciblée, de nombreux jeunes rapaces n’auraient jamais quitté le sol. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) révèle un bilan contrasté pour 2025. Il mêle réussites tangibles et alarmes pour certaines espèces.
Voir le sommaire
Protection in extremis des busards au cœur des moissons
Les moissons précoces mettent en péril les oiseaux qui nichent à terre. Les busards y sont particulièrement vulnérables. En 2025, la LPO et ses bénévoles ont posé des cages grillagées autour de chaque nid trouvé. Grâce à ce geste concret, 49 busards cendrés et 24 busards Saint-Martin ont pu prendre leur envol.
Sans cette protection physique, les moissons auraient tué les oisillons encore au nid. Les cages laissent passer les parents mais empêchent l’écrasement des jeunes au moment des travaux agricoles. C’est une solution simple et efficace, mise en œuvre chaque saison.
Un bilan annuel riche en enseignements
La LPO a publié en février 2026 le Bilan des enquêtes et suivis de l’année 2025. Ce document se compose de quinze volets. Il célèbre des chiffres très positifs pour certaines espèces, et signale des déclins inquiétants pour d’autres.
Parmi les bonnes nouvelles, on note des effectifs « exceptionnels » pour le héron garde-bœuf. Les sternes, elles, affichent un record de jeunes à l’envol. Ces succès montrent que les actions de conservation fonctionnent lorsqu’elles sont soutenues régulièrement.
Outarde canepetière : la dernière colonie en danger
À l’opposé, la situation de l’outarde canepetière en Indre-et-Loire inquiète. La population locale décline. La LPO a lancé deux opérations spécifiques pour tenter de redresser la tendance. La première consiste en des lâchers d’outardes issues d’élevage. La seconde vise à suivre les mouvements migratoires depuis le panorama de Candes-Saint-Martin.
Ces actions sont expérimentales et délicates. Relancer une population demande du temps, des sites adaptés et la réduction des menaces. Le suivi de migration aide à comprendre où les oiseaux vont et quels obstacles ils rencontrent en route.
Comment se déroule le travail de protection sur le terrain
Le travail mêle salariés et bénévoles. Ils cherchent les nids dans les champs, signalent les zones sensibles et installent des protections. Ils dialoguent aussi avec les agriculteurs pour coordonner les dates de fauche quand c’est possible.
Les équipes suivent ensuite la croissance des jeunes, notent les causes de mortalité et transmettent ces données au Bilan 2025. Ce suivi scientifique local alimente des actions concrètes et des recommandations pour les pratiques agricoles.
Ce que vous pouvez faire pour aider
- Signalez un nid trouvé dans un champ à la LPO locale. Un simple appel peut sauver des oisillons.
- Soutenez les campagnes de cohabitation entre agriculture et biodiversité. Parfois, décaler une moisson de quelques jours suffit.
- Faites un don ou devenez bénévole. Les opérations de protection demandent du monde et des moyens.
- Partagez l’information. Plus de personnes informées, plus de chances de sauver des nichées.
Pourquoi ces actions comptent vraiment
Ces gestes sauvent des vies. Mais ils servent aussi à préserver des équilibres locaux. Un oiseau en moins, c’est une interaction de moins dans la chaîne écologique. Les prédateurs, les ressources alimentaires et les habitats se transforment. Les oiseaux montrent ces changements plus vite que nous.
La LPO prouve que des mesures simples, répétées et coordonnés donnent des résultats. Elles ne garantissent pas tout. Mais elles ralentissent le déclin et donnent une chance aux jeunes de grandir.
Un appel mesuré mais urgent
Si vous habitez en Indre-et-Loire ou en région voisine, vous pouvez agir localement. Informer, aider, observer. Chaque action compte. La nature n’attend pas; elle réagit vite aux perturbations.
Le Bilan des enquêtes et suivis de l’année 2025 offre un état des lieux précieux. Il rappelle que la protection des espèces est une course de longue haleine. Avec de la volonté et des gestes concrets, des jeunes oiseaux continueront de s’envoler au printemps prochain.


