Seine-et-Marne. « Les chiens ont tenté de dépecer le sanglier vivant ! » : la battue s’achève dans les jardins

Seine-et-Marne. "Les chiens ont tenté de dépecer le sanglier vivant !" : la battue s'achève dans les jardins

Vendredi 20 février, une battue menée près de Cesson-la-Forêt tourne mal et s’achève au cœur des jardins. Vous lisez bien : des chasseurs et leurs chiens ont poussé un jeune sanglier jusque dans des propriétés privées. Ce qui devait être une opération de régulation devient un spectacle choquant pour les habitants.

Que s’est-il passé exactement ?

La battue se déroulait dans le bois brûlé et le bois des Courtilleraies, non loin des quartiers dits « des toits noirs ». Un jeune sanglier, poursuivi par une meute de chiens, a pénétré dans des jardins résidentiels. L’animal, blessé et effrayé, s’est caché près des maisons. Les témoins décrivent des aboiements prolongés et une scène très violente.

Il faut près d’une demi-heure avant qu’un chasseur n’intervienne pour mettre fin à la souffrance de l’animal. Selon les riverains, l’animal est finalement tué d’un coup porté à la nuque. Les chiens quittent ensuite les lieux, la gueule ensanglantée. Les résidents alertent immédiatement la mairie et le syndic. L’émotion est forte : enfants effrayés, clôtures abîmées, taches de sang sur les portes.

Qu’est-ce qu’une battue administrative ?

Une battue administrative est une opération organisée pour détruire un animal sauvage qui cause des dégâts ou représente un risque pour la population. Elle vise à réguler les populations de sangliers proches des zones habitées. Ces opérations se tiennent souvent entre septembre et février.

Mais lorsque la traque déborde vers des espaces publics ou privés, la règle est claire : la sécurité des personnes et le bien‑être animal doivent primer. Là, les témoins estiment que ces règles n’ont pas été respectées.

Réactions : mairie, habitants, organisateurs

La mairie de Cesson a condamné l’événement sur sa page officielle. Elle rappelle que la régulation est nécessaire, mais qu’elle doit s’effectuer dans le strict respect des règles de sécurité. La ville annonce vouloir saisir les organisateurs pour obtenir des explications.

Le maire, Olivier Chaplet, dit avoir déjà alerté les gestionnaires d’opérations l’an dernier après un précédent incident. Il prévient qu’il prendra des mesures plus fermes si la situation se reproduit. De leur côté, les habitants réclament davantage de transparence et des garanties pour que leurs jardins ne servent plus de scène à de telles pratiques.

Quels sont les risques et manquements mis en lumière ?

Le cas montre plusieurs défauts : chiens non encadrés, poursuite en zone habitée, absence de communication aux riverains. Ces éléments posent un risque réel pour les personnes, en particulier les enfants, et pour les animaux domestiques.

Il y a aussi une dimension éthique : laisser un animal blessé être attaqué en plein habitat humain choque. Le signalement des témoins laisse entendre que la gestion de l’intervention a manqué de coordination.

Que pouvez-vous faire si cela vous arrive près de chez vous ?

  • Restez à l’écart du sanglier et des chiens. Ne tentez pas d’intervenir vous-même.
  • Protégez immédiatement les enfants et les animaux domestiques.
  • Prenez des photos ou une vidéo si c’est sûr. Notez l’heure et la localisation précise.
  • Appelez la mairie, la police municipale ou la gendarmerie. Informez aussi le syndic de copropriété si nécessaire.
  • Contactez des associations locales de protection animale pour obtenir un conseil et déposer une plainte si besoin.
  • Rassemblez des témoins et échangez vos coordonnées pour renforcer une éventuelle démarche collective.

Et après ? quelles suites possibles ?

La mairie peut mener une enquête administrative et exiger des comptes aux organisateurs. Si les gestionnaires des battues ne répondent pas ou si les règles ne sont pas respectées, la commune peut envisager des mesures plus strictes, allant jusqu’à suspendre ces opérations sur son territoire.

Pour vous, rester vigilant et mobilisé est essentiel. Rejoindre les autres riverains, demander des réunions publiques et exiger des plans de sécurité peut faire bouger les choses. La prévention et la transparence devraient primer sur la gêne et le silence.

Ce type d’incident rappelle que réguler la faune à l’orée des villes demande rigueur et respect. Vous avez le droit d’exiger des garanties de sécurité et de bien‑être pour vos quartiers. Ne laissez pas la peur ou l’indifférence décider à votre place.

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Auteur/autrice

  • Enzo Giraud est passionné par la faune domestique et les comportements animaliers depuis plus de quinze ans. Titulaire d’un master en éthologie appliquée de l’Université de Rennes, il a collaboré avec plusieurs associations de protection animale à travers l’Europe et rédigé de nombreux articles pour des revues spécialisées en sciences comportementales. Enzo se distingue par son approche pédagogique, sa rigueur scientifique et sa capacité à vulgariser les dernières actualités sur les oiseaux, les chiens et les chats, accompagnant les lecteurs dans une compréhension nuancée de leurs compagnons de vie.

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